EXTENSION DE LA GARE CORNAVIN : DERNIERES NOUVELLES DU FRONT !

Billet publié le 9 juin 2015

L'initiative cantonale pour une extension de la gare en souterrain et sans destruction
des quartiers environnants, lancée par le Collectif 500 en 2013 et qui recueillit plus
de 16'500 signatures en 2 mois et demi, ne sera pas soumise à la votation populaire.
Elle a en effet été acceptée par le Grand Conseil à une très large majorité ainsi que
par le Conseil d'Etat dans son ensemble.

Ce qui signifie qu'elle rentre en force et que le principe de l'extension souterraine est
dorénavant inscrit dans la loi genevoise.

Si cette quasi-unanimité s'est réalisée pour le projet présenté par le Collectif 500, ce
n'est pas parce que l'ensemble des politicien-ne-s de ce canton s'est tout à coup pris
d'amour pour les Grottes, ses immeubles, son charme et ses habitant-e-s.
C'est avant tout parce que la démonstration a été faite de manière complète et
indiscutable que le projet d'extension en surface concocté par les CFF est un
mauvais projet du point de vue ferroviaire.

Il est ainsi clairement apparu que le seul intérêt de la version en surface était de
permettre à la branche CFF Immobilier de faire de juteuses affaires spéculatives en
démolissant une partie importante des quartiers autour de la gare et en y
construisant un nouveau quartier d'affaires, avec bureaux en masse et centre
commercial.

Les représentants des CFF ont eux-mêmes admis publiquement que l'extension en
surface ne répondrait pas aux besoins futurs et qu'une extension souterraine serait
nécessaire d'ici une trentaine d'années !

Une étude réalisée par des éminents chercheurs de l'EPFL, en collaboration avec un
bureau d'ingénieurs zurichois renommé, a donné raison sur toute la ligne aux
arguments du Collectif 500.

Une étude a depuis été mandatée par la CFF pour faire avancer le projet souterrain
et affiner le chiffrage de la facture finale. Cette étude, qui lie les CFF au Canton et à
la Ville de Genève est sensée être, pour le moment, confidentielle.

Chacune des parties s'est en effet engagée à n'en rien divulguer jusqu'à la
présentation publique de cette étude, présentation qui devrait avoir lieu au début
juillet.

Or, rompant leur engagement, et démontrant ainsi une fois de plus le peu de
confiance qu'on peut leur accorder, les CFF ont fait "fuiter" l'information auprès de
journalistes que la version souterraine entraînera un surcoût de 800 millions, les
auteurs de la premières étude ayant négligé quelques données importantes.
Personne à Genève ne semble pour l'heure capable de nous expliquer les raisons de
ce surcoût. Ni le confirmer ou l'infirmer.

Nous attendons donc avec impatience la publication de la nouvelle étude.Mais cela ne nous inquiète guère, car de deux choses l'une :

  • soit ces nouvelles données relèvent de la manipulation, de la magouille et de la mauvaise foi, et ne servent que des intérêts spéculatifs, et dans ce cas nous ne doutons pas que cela sera démont(r)é,
  • soit les auteurs de la première étude se sont en effet trompés, et dans ce cas cela signifie qu'une nouvelle réflexion doit être menée sur l'ensemble de la problématique (besoins, moyens, délais,...), afin de trouver une solution cohérente et supportable. Cette solution peut être de déplacer une partie des futures activités ferroviaires au nord de la gare actuelle ou à la gare de Cointrin, ou de reprendre l'idée d'une nouvelle centralité à la Praille, ou autre chose encore.

Et aucun argument, qu'il soit financier ou technique, ne rendra la première version
des CFF performante ou actuelle : la mauvaise qualité ferroviaire de ce projet est en
effet rédhibitoire.

La tentative médiatique actuelle de réactualiser ce mauvais projet, indigne de
Genève, est due - sans aucun doute possible - à certains milieux immobiliers qui
veulent, une fois encore, faire passer les intérêts particuliers avant le bien commun.
Ce qui, pour une infrastructure publique d'une telle importance est absolument
scandaleux, ...et ne saurais être couronné de succès.

Le Collectif 500 attend donc sereinement la suite des événements en restant
mobilisé pour que Genève conserve ses quartiers populaires tout en bénéficiant
d'infrastructures ferroviaires modernes répondant aux besoins réels de la population.


Le Collectif 500, juin 2015

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