Aménagement

Un accord a été trouvé entre Berne, Genève et les CFF. Les travaux devraient débuter en 2024 et s’achever en 2031.

L’extension de la gare Cornavin devrait coûter 1,652 milliard de francs, avec une marge de plus ou moins 30%. C’est en tout cas l’estimation donnée ce samedi, à la mi-journée, par les quatre partenaires du projet: l’Office fédéral des transports (OFT), le Département genevois des transports et de l’agriculture (DETA), la Ville de Genève et les Chemins de fer fédéraux (CFF). Bien que la somme dépasse l’évaluation de l’été 2013 (1,24 milliard), tout le monde semble soulagé, des rumeurs ayant évoqué, ces derniers mois, un montant final de 2 milliards, voire davantage.

«Après avoir entendu parler de variantes à 2, voire 2,2 ou 2,5 milliards de francs, je suis très satisfait de ce projet à 1,6 milliard», déclare Luc Barthassat. Le conseiller d’Etat à la tête du DETA assure que les politiques genevois «ont demandé à resserrer les coûts du projet, qui s'étend bien au-delà du périmètre strict de la gare Cornavin. On a tenu bon avec la Ville et les services de Monsieur Pagani.» De leur côté, les experts ont livré un travail remarquable. Des trains régionaux et nationaux pourront passer sur ces deux fameuses voies supplémentaires, essentiellement souterraines, sur une longueur de 6 km en milieu urbain», se réjouit-il.

Etape «très importante»

Rappelons qu’au départ, les CFF voulaient étendre la gare en surface. Devisé à 800 millions de francs, ce projet aurait impliqué la démolition du bas du quartier des Grottes. Réunis au sein du Collectif 500, des habitants s'y sont opposés et ont proposé, à la place, un projet d’agrandissement souterrain, qui l'a finalement emporté. Fier du succès de cette initiative citoyenne qu’il «a beaucoup soutenue», le conseiller administratif de la Ville Rémy Pagani est aujourd'hui «enchanté. Je savais depuis le début que cette variante était la bonne. Nous étions dans l’expectative. Désormais, nous avons passé l’épaule de manière fine et élégante. Je craignais que l’on accumule les coûts. Ce n’est pas le cas. Nous avons un projet qui permettra de relier, en sous-sol, Sécheron au carrefour de Châtelaine.»

Satisfaction, également, du côté de Berne: «C’est une étape très importante. Nous nous sommes mis d’accord sur les grands principes», relève la porte-parole de l’OFT, Florence Pictet. Comment est-on arrivé à une solution à 1,652 milliard alors que l’on parlait jusque-là de 1,2 milliard puis de 2 milliards? «La première évaluation était comprise dans une fourchette très large (+/- 50%). Nous avons ensuite étudié différentes options. Celle à 2 milliards était la Rolls-Royce, mais le projet à 1,6 milliard permet de répondre aux besoins actuels.»

La profondeur à laquelle seront enterrées les voies n’est pas dévoilée. «Tous les détails seront communiqués à l'automne, car les experts doivent rendre un nouveau rapport d’ici fin juillet», ajoute Florence Pictet.

Berne paiera-t-il 1 milliard?

En effet, le projet doit encore être amélioré techniquement et chacun espère que l’on pourra revoir les coûts à la baisse. Comment se partagera-t-on la facture? Berne, qui devait verser initialement 800 millions de francs, donnera 980 millions, indique l’OFT. Au départ, le Canton devait payer 400 millions et la Ville 100 millions. «Chacun doit faire un effort, note Luc Barthassat. Nous espérons que Berne ira jusqu’au milliard et que le Canton pourra payer 450 millions. Si la Ville verse 100 millions, nous devrions arriver à boucler le budget, en économisant ici ou là.» Un exemple? «Les tunnels de lavage, pourraient être intégrés dans le budget d’entretien et soulager d’autant les coûts de la construction», imagine le conseiller d’Etat.

Reste un point fâcheux: le calendrier. Les travaux doivent débuter en 2024 et s’achever en 2031. Un retard considérable par rapport à l’échéance fixée en 2025? «Pas du tout, répond Rémy Pagani: 2025 était la date du début des travaux.»

La porte-parole de l’OFT répond différemment: «L’argent de la Confédération est à disposition pour une durée limitée. L’objectif du programme de financement était de réaliser les travaux à l’horizon 2025. Ce qui compte pour Genève, c’est de commencer les travaux avant cette date, pour ne pas sortir du programme.»

Par Sophie Davaris, TDG 27.06.2015,

http://www.tdg.ch/geneve/actu-genevoise/extension-cornavin-estimee-1652-milliard-soulagement-geneve/story/30240676